LÉO GUYARD, ANCIEN ÉLÈVE D'ACFA MULTIMÉDIA, REVIENT SUR LA SÉRIE QU'IL RÉALISE

Léo Guyard est le réalisateur de la série Spotters' Rift, qu'il a présentée à l'occasion du festival Effets Stars. Ce passionné revient en détails sur ce projet, ainsi que sur sa scolarité à l' école d'audiovisuel de Montpellier.

spotters rift

 

Léo Guyard, ancien élève du BTS Audiovisuel option Montage et Post-production

Acfa Multimédia : Léo, tu as participé au festival Effets Stars dans le cadre d'un projet que tu es en train de mettre en place. Peux-tu nous en dire plus ?

Léo Guyard : Je suis un ancien élève d'Acfa Multimédia. J'y ai suivi le BTS Audiovisuel option Montage et Post-Production, dont je suis ressorti diplômé. Je me suis ensuite dirigé vers une licence professionnelle à l'université Paul Valéry qui portait sur les nouveaux médias, le transmédia ou encore les webdocumentaires... Une fois mes études terminées, j'ai tout de suite cherché à me professionnaliser. Après ma licence, j'ai donc choisi de consacrer une année entière aux projets qui me tenaient vraiment à cœur. C'est dans cet objectif que j'ai fondé ma micro-entreprise, qui s'appelle Lidenskap et avec laquelle je fais principalement des vidéos marketing. Je fais également partie du collectif de vidéastes montpelliérains VHS. Ensemble, nous travaillons à de nombreuses vidéos à destination du web. Sur notre chaîne Youtube, on peut par exemple trouver ma série, Spotters' Rift.

 

Acfa Multimédia : Qu'est-ce qui vous a poussé à vous tourner vers l'audiovisuel ?

L.G. : Comme tout le monde, je cherche ma vocation depuis que je suis tout petit. Un jour, on m'a offert une boîte de LEGO qui proposait un logiciel de montage, avec une petite web cam, pour faire ses premiers films. J'ai tout de suite adhéré. Plus tard, j'ai suivi un Bac Cinéma, puis j'ai intégré l'école de cinéma de Montpellier. J'ai voulu me lancer dans le montage car cela me permettait de me familiariser avec l'image, le son ou encore la narration. Si aujourd'hui je suis plutôt spécialisé dans le montage et la vidéo institutionnelle, je reste passionné par la réalisation.

Acfa Multimédia : Qu'est-ce que tu as apprécié pendant ta scolarité à Acfa ?

L.G. : J'ai beaucoup aimé découvrir le matériel et la technique. Quand je suis entré à Acfa, je sortais du lycée, j'avais juste une caméra à cassette DV et quelques notions de montage sur Final Cut Express. Apprendre les logiciels, bien les perfectionner, bien se perfectionner dans les logiciels de montage, apprendre qu'on pouvait filmer avec des appareils photos, exploiter au maximum les caméras fournies... En bref toute la découverte du milieu audiovisuel, avec ses contraintes et ses inconvénients, les aspects qui demandent le plus d'énergie, ceux qui permettent de lâcher un peu de lest...

Acfa Multimédia : Qu'est-ce qui t'a donné envie de créer ta propre société ?

L.G. : En ce moment, le marché du travail audiovisuel est assez compliqué, surtout quand on n'est pas de la région parisienne. J'avais envie de rester à Montpellier et aussi d'être indépendant.

Acfa Multimédia : Travailles-tu seul ou avec une équipe ?

L.G. : Je gère ma société seul, mais techniquement je travaille toujours avec des gens ! Pour tout ce qui est création, je collabore principalement avec le collectif VHS. Concernant la production de vidéos institutionnelles, j'évolue avec un groupe que nous avons appelé Napoléonof. Je l'ai fondé avec Nathan Lazarus et Paul Hernout, qui ont également fait leurs études à Acfa, en BTS Audiovisuel option Métiers du Son. Quand on était à l'école, on produisait déjà beaucoup de projets de notre côté, pour mettre en avant ce que l'on savait faire. La série sur laquelle on travaille en ce moment en fait partie. Le projet a vu le jour lorsque j'étais à la Fac. On nous apprenait à réaliser des choses non linéaires, avec des structures qui se recoupaient, qui pouvaient être déstructurées... alors que je souhaitais au contraire faire quelque chose de très linéaire, de très suivi. 

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Création d'une série digitale, Spotters' Rift

Acfa Multimédia : Peux-tu nous parler plus en détails de ta série, Spotters' Rift ?

L.G. : Il s'agit d'une série digitale post-apocalyptique et bénévole. On l'a principalement tournée dans l'Hérault et le Gard, dans des paysages de garrigue, de désert et de forêt. La protagoniste, Hélène, s'est évadée d'une ville fortifiée. Dans l'univers que l'on a créé, toutes les villes sont redevenues des citées indépendantes et les régions rurales des zones de chaos complètement anarchiques. Notre héroïne a fui sa ville natale et découvre un monde dévasté et empli de folie. Elle est accompagnée par son mentor, Joe, qui a vécu toute sa vie dans ce milieu et qui lui apprend comment survivre. Autre petite particularité de la série : Hélène apprend que dès que l'on se fait tuer (par balle, poison...), on réapparaît "dans une faille en pierre". On se rend donc compte que l'on peut mourir de froid ou encore de faim, mais que l'on ne peut plus mourir par accident. Tous les codes de la société sont chamboulés, ce qui amène à se poser pleins de questions. Est-ce que des choses comme tuer, le cannibalisme ou encore porter atteinte à des sépultures sont de mauvaises choses ? Tout est remis en question, c'est la principale tram de notre série.

Acfa Multimédia : Quelle est l'avancée du projet aujourd'hui ?

L.G. : Au départ, on voulait partir sur un court-métrage de 10 minutes pour montrer ce qu'on savait faire : de l'écriture, du tournage, du son, de la postproduction... Mais en avançant, on s'est rendu compte qu'on avait beaucoup de potentiel sur le format sériel qui, en plus, me parle davantage. On a donc décidé de faire une saison pilote composée de 4 épisodes de 6 à 8 minutes. Si on arrive à trouver des financements, on évoluera vers une première saison d'un dizaine d'épisodes de 8 à 10 minutes chacun. Ce qui est bien avec le format web, c'est que l'on n'a pas de normes imposées.

Acfa Multimédia : Le projet n'a pas été trop compliqué à mettre en place ?

L.G. : Au début, nous étions seulement 3 et nous avancions à tâtons. Petit à petit, nous nous sommes rendus compte que Montpellier était un pôle très important en matière de série digitale. On s'est rendu sur des tournages, sur des conventions, et au fur et à mesure, plus de personnes se sont jointes à nous. Aujourd'hui, notre équipe est composée de 30 bénévoles avec des acteurs qui sont formés et des techniciens compétents qui sont professionnels dans la vraie vie. Nous tournons essentiellement à Fontanès, mon village natal. Il y a des collines, des forêts, des endroits plus désertiques... Vu que c'est un village facile d'accès et qui n'est pas trop connu, on peut faire les autorisations de tournage au jour le jour.

 

Acfa Multimédia : Comment financez-vous la série ?

L.G. : Pour l'instant le financement est de notre poche, tout le monde est bénévole. Même si on a du mal à trouver des fonds, on essaye quand même de défrayer pour l'essence, le maquillage et tout ce qui relève de la logistique. On veut faire aussi bien que si on était payé pour le faire. En parallèle, on effectue malgré tout des recherches de financement dans l'espoir de pérenniser l'équipe, de pouvoir rémunérer les gens et d'en faire notre métier.

Acfa Multimédia : Comment aimeriez-vous faire évoluer la série ?

L.G. : L'idéal serait d'être financé et professionnalisé. On veut vraiment finir ce qu'on a commencé. Peu importe les moyens, on se donnera à fond pour la finir. Si jamais la première saison marche bien, on en fera une deuxième, puis une troisième... jusqu'à ce qu'on en ait assez de cet univers et qu'on ait tout exploré.

Acfa Multimédia : Tu nous parlais de tes projets en dehors de cette série. Peux-tu nous en dire plus ?

L.G. : Je réalise principalement des clips vidéos ou des vidéos institutionnelles pour mon auto-entreprise. J'ai par exemple travaillé pour le groupe Silver Chain, ayant récemment participé au Tremplin Musical organisé par Acfa Multimédia et Studio M. Nous avons également réalisé un clip qui se déroulait entièrement dans la nature, pour le groupe Purpuse Théorie. On a également fait des vidéos de prévention liées à la drogue, à la sexualité ou encore à la conduite alcoolisée avec l'association Avenir Santé. On anime également quelques chroniques sur Youtube, pendant nos temps de pause.

Acfa Multimédia : Tout ce travail doit vous prendre un temps fou !

L.G. : Oui, mais de toutes manière, on est passionné. Si on a du temps à perdre, on préfère le passer dans la vidéo, pour s'améliorer. Soit on écrit, soit on fait du montage, soit on va tourner...

Retrouvez toutes les nouveautés de Spotters' Rift sur sa page Facebook et les épisodes de la série en ligne. Découvrez ci-dessous le premier épisode de la saison pilote de Spotters' Rift.